Image: Rosmarie Knutti



«Comment je descends?»


Marco Kohler, jeune skieur en devenir: son premier Hundschopf



Pour Marco Kohler, c’est un rêve d’enfance qui se réalisait. Pour ce natif de Meiringen dans l’Oberland Bernois, c'est quasiment une course à domicile: sa première fois sur la piste du Lauberhorn parmi les pros. S’il n’est pas encore dans la grande arène du jour J; il participe tout de même aux sessions d’entraînement.

 

«Sur la ligne de départ, j’étais submergé par la tension et la nervosité. Simplement parce que je n’avais encore jamais descendu une piste de course aussi longue. Le Lauberhorn est la plus longue descente du monde», explique Marco Kohler, se remémorant son premier entraînement. Puis il ajoute: «Je pensais à tous les passages clés, que je devais maîtriser dans le rythme de ma course». Le Hundschopf est un challenge à part. Rien qu’à regarder le saut mythique, le jeune skieur avait du mal à déglutir.

 

Ses premières impressions après analyse du Hundschopf? «Je me suis demandé pourquoi j’avais envie de faire ce saut et je n’avais aucune idée de la manière dont j’allais descendre ça. On saute dans le néant à partir d'un tout petit espace. À droite il n’y a que des filets et à gauche la falaise.» Pour autant, Marco Kohler ne craignait pas d’aller au contact. Il raconte timidement qu'il a abordé le Hundschopf à vive allure. «Je voulais frôler la limite, peu importe l’étroitesse de la zone de saut. Il n’y avait pas le choix, ça devait marcher.»

 


La vitesse n’est qu'un chiffre


Pour lui, la vitesse idéale sur le Hundschopf se ressent davantage dans les tripes que grâce à des calculs précis. Son évaluation du rythme se passe bien. Il prend la courbe à gauche située en amont avec suffisamment d’élan et réussit son saut. C’est surtout l’approche qui lui a paru unique. «Une fois que je me suis élevé dans les airs, c’était comme n'importe quel saut», relativise Marco Kohler. Comme si le Hundschopf n’était qu'un jeu d’enfant.

 

Peut-être que cela tient aussi à la nature de Marco Kohler... Apparemment, la vitesse a toujours été son truc: «Sur des skis, j’ai toujours voulu aller vite. Quand j’étais plus jeune, mon père disait que mon point faible, c’était le freinage.» Pour la réussite de son baptême de l’air au-dessus du Hundschopf, son intrépidité a certainement été un bonus.

 

Et ce n’est pas son dernier décollage aux courses du Lauberhorn.  S'il n’est pas encore qualifié pour la coupe du monde, il y travaille au quotidien. Jusqu’à ce qu'un jour, son autre rêve d’enfance se réalise: sauter le Hundschopf avec ses idoles, les pros chevronnés.